Les mots ne sont jamais neutres. Ils façonnent notre manière de voir le monde, de nommer les réalités qui nous entourent et de débattre collectivement de ce qui nous unit ou nous oppose. Lorsque certains mots disparaissent du débat public, ce sont parfois des idées, des expériences et des savoirs qui deviennent plus difficiles à penser, à transmettre ou à défendre.
Professeure à l’université Stanford, sémiologue et spécialiste reconnue de l’analyse du discours politique, Cécile Alduy consacre ses travaux à la manière dont les mots façonnent nos représentations collectives et influencent les choix démocratiques. Depuis plusieurs années, elle décrypte les stratégies rhétoriques qui accompagnent les transformations politiques contemporaines, de l’extrême droite française au trumpisme aux États-Unis.
À l’occasion de la parution de son livre D’abord ils sont venus chercher les mots, elle analyse la vaste offensive engagée contre certains pans entiers du savoir, de la recherche et de l’enseignement depuis le retour de Donald Trump à la présidence. À travers les listes de mots bannis ou rendus indésirables dans les universités, les administrations ou les programmes publics, elle…