Son gigantisme, son entame monumentale, son casting et l'imposant format 70 mm font d'Interstellar un spectacle total, une superproduction d'une ambition démesurée qui se rêve – Nolan ne s'en est jamais caché – l'équivalent contemporain de 2001: l'Odyssée de l'espace. Si le film n'atteint pas la profondeur métaphysique du chef-d'œuvre de Kubrick, il bouleverse de manière inattendue, par son intimisme chuchoté: le monstre opératique cache en son sein un orchestre de chambre, et les trompettes majestueuses de Hans Zimmer un adagio sur le temps qui passe, les occasions manquées, l'amour infini d'un père pour sa fille.