Depuis le milieu des années 1980, Stéphane Bordarier (né en 1953) développe une œuvre s’inscrivant dans cette mouvance historique qui voit la peinture devenir son propre sujet. Singulière dans le paysage de l’art contemporain, sa pratique, attentive à ce qu’il nomme la « qualité de surface », repose sur un équilibre entre contraintes imposées et liberté du geste.
Réduisant progressivement son langage pictural à l’essentiel — une couleur, une forme — Stéphane Bordarier explore les potentialités d’une peinture à la fois rigoureuse et profondément sensible. Ses œuvres naissent d’un processus immuable : sur une toile tendue sur châssis et enduite de colle de peau tiède, il applique le pigment pendant le temps de prise de la colle. L’artiste se dit alors « chassé » de la toile par la matière qui se fixe, déterminant l’achèvement du tableau : couleur et forme s’accordent dans une résolution propre à chaque œuvre. Généralement réduite à une seule tonalité, la surface de la toile acquiert, par l’imprégnation du pigment mêlé à la colle, un aspect mat et une intensité particulière. Le tableau se construit ainsi dans une relation étroite au temps.
Dans la série des Noires, la couleur,…